La ville sud-africaine abritera la conférence sur les changements climatiques. Les jeunes entendent bien s’y faire entendre. Une caravane de près de 200 jeunes a quitté Naïrobi pour participer.

« Pensez aux générations futures ! »C’est le message de la jeunesse réunie au sein de l’Initiative de la Jeunesse africaine sur les changements climatiques. Selon le Dr Landry Ndriko Mayigane, coordinateur pour l’Afrique de l’Est du Réseau, les jeunes doivent faire entendre leurs voix dans les fora internationaux où se discute leur avenir : «Les décisions qui seront prises à Durban engageront l’avenir de l’humanité et cet avenir, c’est nous !». C’est pourquoi la African Youth Initiative on Climate Change (AYICC) a organisé cette caravane pour attirer l’attention de tous, décideurs, comme populations sur les enjeux de la COP17. En voiture, à moto ou à vélo, près de 200 jeunes sont actuellement en route pour la ville sud-africaine qui doit abriter la 17ème Conférence des parties à la convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.

L’AYICC est un réseau qui réunit plus de 600 jeunes de 45 pays africains. Il a pour objectif de mobiliser la jeunesse pour la faire participer dans la prise de décisions et intervenir activement dans les programmes d’adaptation et d’atténuation aux changements climatiques dans leurs pays respectifs. Et ce à travers la formation continue en les dotant de connaissances de base pour identifier les projets en cours dans leurs pays pour apporter leur contribution à leur mise en œuvre. S’y ajoutent de la sensibilisation, de la mobilisation, la création et la gestion de projets, du coaching, etc…

C’est donc dans le cadre de ses actions de sensibilisation et de mobilisation que la AYICC organise du 7 au 28 novembre une caravane qui est partie de Naïrobi au Kenya et traversera l’Afrique Australe (Tanzanie, Malawi, Botswana) pour arriver à Durban, dans l’Est de l’Afrique du Sud, la veille de l’ouverture du Sommet sur les Changements climatiques. Tout le long du trajet, des concerts, des meetings, des ateliers pour rencontrer la jeunesse de ces pays seront organisés. Avec pour objectif affiché de sensibiliser à la problématique des changements climatiques et au rôle qu’elle peut et doit jouer dans la prise en compte des difficultés des populations vulnérables. A Durban, d’autres activités seront organisées. Un rallye, entres autres, verra la participation de 1200 personnes environ pour mettre la pression sur les dirigeants présents pour faire passer le message de l’AYICC pour cette COP «Faites que l’accord que vous signerez soit contraignant pour que les changements climatiques deviennent véritablement le problème de tous ».

Les enjeux sont nombreux concernant cette deuxième Conférence qui se tiendra sur le continent Africain après le Kenya en 2006. Copenhague et Cancun n’ont pas été des succès retentissants loin de là, alors que, selon les experts, le temps de l’action est plus que jamais arrivé. Le protocole de Kyoto, qui est l’outil politique de lutte contre les changements climatiques, expire en 2012 et jusqu’ici, aucun accord n’a été trouvé en ce qui concerne la suite à donner à l’action. Il est vrai que Copenhague a permis de relancer les négociations internationales, et Cancun a porté sur la création d`un fonds vert pour aider les pays en voie de développement, la plupart africains, qui sont les plus vulnérables aux effets néfastes des changements climatiques, sans toutefois préciser comment ce fonds sera financé.

L’Afrique va à Durban en front uni, menée par des pays comme le Mali qui assure la présidence de la Conférence Africaine des Ministres en charge de l’Environnement. Il s’agira d’obtenir un accord contraignant, obligeant les pays signataires à faire de réels efforts en faveur d’un développement à faible émission de carbone et également pour donner du contenu au Fonds d’adaptation dont le principe a été acquis à Cancun. Pour ce faire, le continent pourra compter sur sa jeunesse, plus engagée que jamais.

Source : http://www.journaldumali.com/article.php?aid=3879

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